La transition énergétique en marche dans les entreprises

(Paris, le 5 juin 2019)

L’Arval Mobility Observatory dévoile les attentes des gestionnaires de parcs automobiles en France 

L’Arval Mobility Observatory (ex-OVE) dévoile les résultats du Baromètre Flottes 2019, réalisé avec l’institut CSA. Cette enquête, menée auprès de 3 613 entreprises européennes (dont 301 en France), révèle des changements profonds et rapides dans leur perception des déplacements de leurs collaborateurs pour les prochaines années et dans les choix énergétiques qu’ils privilégieront.
 

1. Des entreprises confiantes en l’avenir en France
 
Une fois n’est pas coutume, les entreprises françaises sont plus nombreuses que la moyenne européenne à anticiper une croissance de la taille de leurs flottes dans les années à venir : 22 % contre 18 %. Cette proportion est aussi supérieure de 15 points à celles qui, en France, tablent sur un repli de leur flotte (22 % contre 7 %). 
 
Les très grandes entreprises (plus de 1000 salariés) se montrent les moins optimistes avec un différentiel de 3 points seulement entre celles qui anticipent une hausse de la taille de leur parc (20 %) et celles qui prévoient une baisse (17 %). A l’inverse, les grandes entreprises (199 à 999 salariés) se montrent les plus confiantes (40 %).
 
2. La transition énergétique est en marche
 
En France, la baisse de la part du diesel est actée par les entreprises : lorsqu’on interroge les responsables de flottes sur ce qu’il feraient si les constructeurs mettaient sur le marché des véhicules diesel ayant les mêmes niveaux d’émissions de NOx et de particules fines, seuls 3 % envisageraient d’augmenter la part des véhicules diesel dans les parcs, tandis que 48 % continueraient de la réduire. 
 
Parmi les motorisations alternatives les plus en vue en entreprise, l’hybride (simple et rechargeable) s’affiche en nette progression : 70 % des entreprises françaises déclarent l’avoir déjà implémentée ou projettent de le faire (contre une moyenne de 57 % en Europe), soit 18 points de plus en un an. La montée en puissance est particulièrement significative chez les grandes et très grandes entreprises, avec 59 % de réponses positives, un chiffre en hausse de 19 points par rapport à l’année dernière. Quant à l’option électrique, un tiers des entreprises françaises la retiennent comme solution contre 27 % à l’échelon européen. Un résultat en croissance de 8 points sur un an. 
 
La nouvelle norme d’homologation des véhicules WLTP a un impact de plus en plus important sur les politiques automobiles des entreprises en France : 57 % des gestionnaires en tiennent compte dans leurs arbitrages, soit 10 points de plus qu’il y a un an. Plus l’entreprise est grande, plus l’impact est fort (90 % dans les très grandes entreprises, soit 18 points de plus qu’en 2018). 
 
3. La LLD a toujours le vent en poupe
 
La part des entreprises dont le principal mode de financement est la LLD, reste à un niveau élevé (toutes tailles de parcs), à 39 % (1 point de plus par rapport à 2018). De fortes disparités sont toutefois constatées selon les segments d’entreprises, entre les toutes petites structures où la LLD représente 12 % des financements et les très grandes entreprises, où elle dépasse 73 %. Sur ce dernier segment, l’entrée en vigueur de la norme IFRS 16 (le 1er janvier 2019) ne semble pas avoir eu d’impact sur les gestionnaires de parcs, la LLD gagnant même deux points par rapport à 2018.
 
La part de la LLD devrait continuer à se renforcer dans les années, quelle que soit la taille des sociétés, puisque 80 % des très grandes entreprises indiquent avoir l’intention d’y recourir (+18 points par rapport à 2018), 27 % des très petites entreprises (+ 7 points). Au total, 44 % des entreprises (5 points de plus qu’en 2018) affirment avoir en projet de faire appel à la LLD à l’avenir. Un taux nettement plus élevé qu’en Europe (26 %).
 
4. Les nouvelles formes de mobilité se développent 
 
Les gestionnaires de parcs français (46 %) sont plus nombreux que la moyenne européenne (44 %) à considérer les nouvelles mobilités comme des options intéressantes pour les déplacements de leurs  collaborateurs. C’est le covoiturage qui arrive en tête des solutions déployées ou à l’étude (31 %), suivi de l’autopartage (29 %).  
 
Selon 30 % des très grandes entreprises, l’autopartage pourrait à terme remplacer les véhicules de fonction (+12 points par rapport à 2018). En ce qui concerne le covoiturage, 35 % des très grandes entreprises le considèrent comme un substitut possible à la voiture de fonction (+17 points par rapport à 2018). 
 
Les nouvelles mobilités sont d’ailleurs plus l’apanage des très grandes structures, que des petites ou moyennes : ainsi le budget mobilité, qui est déployé dans 16 % des entreprises interrogées, l’est dans 32 % des structures de plus de 1 000 collaborateurs ; 17 % de ces dernières indiquent en outre avoir déployé des services spécifiques aux jeunes générations, considérées comme moins attachées au véhicule de fonction. Enfin 30 % des entreprises éligibles en France ont mis en place un plan de mobilités entreprise (PME), contre 14 % seulement en 2018. 
 
5. Les entreprises françaises en retard dans l’usage de la télématique
 
La France adopte moins vite que prévu la télématique dans les parcs automobiles. Au global, 12 % des entreprises en France affirment utiliser des outils de télématique, soit deux points de moins qu’il y un an. Le faible recours à ces outils est assez homogène, quelle que soit la taille des entreprises et varie entre 5 % (très petites structures) à 15 % (pour les très grandes entreprises) et 19 % pour les grandes entreprises. 
 
A l’échelle européenne, où le taux de recours à la télématique s’affiche à 21 %, la France se classe parmi les pays ayant la plus faible utilisation de la télématique. 
 
Trois raisons peuvent être mise en avant pour expliquer ces résultats : l’entrée en vigueur de la loi RGPD oblige les entreprises à informer les collaborateurs sur l’utilisation qui va être faite des données ; peu d’entreprises disposent de systèmes d’exploitation des données ; enfin, la concurrence des smartphones, qui transmettent eux aussi des données de conduite.
 
Deux applications semblent se détacher parmi les usages qu’en font les entreprises : la localisation des véhicules (54 %) et l’amélioration du comportement des conducteurs (46 %). La réduction des coûts (17 %) et l’optimisation des tournées (29 %) viennent ensuite. 
 
 
Méthodologie  2019 : 
 
En France, l’enquête a été menée par CSA Research entre le 6 et le 29 mars 2019 par le biais d’interviews téléphoniques auprès de 301 entreprises dont la flotte inclut au moins 1 véhicules. Ceux-ci comprennent les véhicules particuliers et les véhicules utilitaires légers. Le panel est composé de :
• 33 % d’entreprises employant moins de 10  salariés
• 20 % d’entreprises employant de 10 à 99 salariés
• 27 % d’entreprises employant de 100 à 999 salariés
• 20 % d’entreprises employant plus de 1000 salariés
 
En Europe, l’enquête a été menée dans les mêmes conditions auprès de 3 613 entreprises dont la flotte inclut au moins 1 véhicule et dans 13 pays : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni, Suisse, Turquie.
 

Pour aller plus loin: 

Retrouvez l'intégralité du Baromètre 2019