La transition électrique des parcs automobiles professionnels ne se mesure plus seulement au nombre de véhicules mis à la route. Elle se joue désormais aussi sur leur profil environnemental. Les données d’immatriculation montrent une progression spectaculaire des modèles électriques éco-scorés : leur part dans les volumes électriques des entreprises est passée de 50,74 % en 2024 à 67,38 % en 2025, puis à 82,56 % sur les 6 premiers mois de 2026.
Un démarrage 2026 particulièrement soutenu
Le changement d’échelle est net. Entre 2024 et 2025, le volume annuel de véhicules électriques immatriculés en entreprise a bondi de 69 449 à 107 093 unités, soit une hausse d’environ 54 %. Dans le même temps, le nombre de modèles éco-scorés a plus que doublé, de 35 239 à 72 160 unités. Et la dynamique s’accélère encore : au seul 1er semestre 2026, 67 835 véhicules éco-scorés ont déjà été enregistrés, un niveau proche du total atteint sur l’ensemble de 2025.
Mois après mois, l’éco-score devient la norme. En janvier 2026, il concernait 86,28 % des électriques d’entreprise, puis 88,15 % en février. Malgré un léger repli au printemps, la part reste très élevée, à 77 % en juin. À titre de comparaison, les ratios mensuels de 2024 oscillaient le plus souvent autour de 50 %.

Une offre plus large, conduite par Renault
Cette montée en puissance s’appuie sur une offre devenue plus diversifiée et mieux adaptée aux usages professionnels. Au 1er semestre 2026, le Renault Scenic domine nettement le classement avec 9 190 immatriculations, soit plus du double du Tesla Model Y (4 528 unités). La Renault 5 complète le podium avec 3 772 exemplaires, devant le Skoda Elroq et la Renault Mégane e-Tech.
Renault place ainsi 3 modèles parmi les 5 premiers, représentant ensemble 16 604 immatriculations. Le reste du top 10 illustre toutefois l’élargissement du marché : BMW, Ford, Volkswagen, Peugeot et Citroën y figurent également, avec des SUV, des compactes et des citadines capables de répondre à des cahiers des charges de flotte de plus en plus variés.

Les constructeurs chinois en embuscade
Encore non visibles dans le classement des modèles électriques éco-scorés les plus immatriculés en entreprise, les constructeurs chinois préparent néanmoins une offensive durable sur le marché européen. Treize projets d’usines seraient à l’étude sur le continent, dont sept déjà confirmés. BYD apparaît comme le plus avancé et pourrait figurer dans la liste des modèles éco-scorés très prochainement : après son implantation en Hongrie, et son projet turc destiné au marché européen, le groupe envisage à terme trois usines d’assemblage automobile et une usine de batteries en Europe. Pour son prochain site, dont le choix doit intervenir avant la fin de 2026, la France et l’Espagne figurent sur la liste des pays envisagés.
En produisant localement, ces acteurs entendent à la fois accompagner la croissance de leurs ventes, satisfaire les exigences réglementaires européennes et réduire leur exposition aux droits de douane sur les véhicules importés de Chine. Une stratégie qui pourrait rapidement renforcer leur présence dans les flottes d’entreprise, à mesure que leurs modèles répondront aux critères de l’éco-score.
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