PSA: l'offensive électrique se poursuit

VUL électriques : 2026, l’année du passage à l’échelle pour les flottes d’entreprise ?

Gestion de Flottes 22 Septembre 2026

Longtemps restés en retrait de l’électrification des voitures particulières, les véhicules utilitaires légers (VUL) changent de rythme en 2026. L’offre s’élargit, les performances progressent et l’équation économique devient plus favorable. Mais la réussite d’un projet ne se résume pas au choix d’un modèle : elle dépend d’un alignement précis entre usages, recharge, organisation des tournées, charge utile et coût total de possession.

Un marché encore sous pression, mais un tournant pour l’électrique

À fin août 2026, les immatriculations des flottes d’entreprise reculent de près de 3,3 % sur un an, à environ 442 000 unités, alors que le marché automobile global progresse légèrement. Dans cet ensemble, les VUL représentent 38 % du marché entreprise, avec près de 168 000 immatriculations. Sur ce segment historiquement dominé par le diesel, le 100 % électrique gagne nettement du terrain : sa part atteint désormais environ 15 % des immatriculations, en progression de plus de 50 % depuis le début de l’année. À mi-année, le gain est d’environ cinq points par rapport à fin 2025, contre deux à trois points par an auparavant.

Cette accélération reste à replacer dans un marché plus concentré que celui des voitures particulières : 8 des 10 VUL les plus immatriculés sont issus des groupes Renault et Stellantis. Elle traduit néanmoins un changement profond. Les entreprises ne considèrent plus systématiquement le VUL électrique comme une solution réservée à quelques tournées urbaines, elles l’intègrent progressivement à des missions plus variées.

De la faisabilité à la pertinence d’usage

La première question à poser n’est pas « quelle autonomie maximale choisir ? », mais « quelle mission le véhicule doit-il accomplir ? ». Kilométrage quotidien, charge transportée, type de routes, fréquence des arrêts, durée d’immobilisation et possibilité de recharge sont les variables déterminantes. Un VUL parcourant 80 à 120 km par jour et revenant chaque soir au dépôt n’a pas nécessairement besoin d’une autonomie annoncée de 400 km.

Le bon dimensionnement évite de surpayer une batterie dont la capacité serait peu utilisée. Une batterie plus importante apporte de l’autonomie, mais aussi du poids et du coût, avec un impact possible sur la charge utile. L’enjeu consiste donc à sécuriser la mission au meilleur équilibre entre performance, productivité et budget.

Une offre devenue plus crédible pour les professionnels

Ces derniers mois, les constructeurs ont élargi leurs gammes, amélioré l’autonomie et accéléré la recharge, tout en travaillant les volumes utiles, les gabarits et les possibilités de transformation. Plus significatif encore pour les métiers, les plateformes électriques intègrent davantage de fonctions conçues pour les usages professionnels : batteries modulaires, prises de force électriques ou fonctions V2L permettant d’alimenter des outils.

Cette diversité rend les arbitrages plus fins. L’artisan, le technicien de maintenance, l’acteur de la livraison du dernier kilomètre et l’entreprise réalisant des tournées régionales n’ont ni les mêmes contraintes ni les mêmes attentes. La maturité du marché ne dispense donc pas du diagnostic d’usage : elle le rend au contraire plus stratégique.

La recharge, clé de voûte du projet

Sur site, au domicile des collaborateurs ou sur le réseau public, la recharge doit être conçue comme une composante de l’exploitation. L’électrification peut conduire à repenser certaines tournées, à mieux exploiter les temps d’arrêt et à définir des règles simples : quels véhicules rechargent, où, quand et à quelle puissance ? Si une infrastructure insuffisante peut dégrader la disponibilité des véhicules, une infrastructure surdimensionnée alourdit inutilement le projet.

La recharge devient ainsi un sujet à la fois technique, immobilier, énergétique et managérial. Sa réussite suppose de croiser les profils de roulage, les temps de stationnement, la capacité électrique des sites, les modalités de remboursement à domicile et les besoins ponctuels de recharge en itinérance.

Le coût total de possession (TCO) change la donne

En 2026, l’équation économique évolue nettement. Le TCO Scope 2026 de l’Arval Mobility Observatory montre que le prix de revient kilométrique moyen des VUL électriques recule à 0,291 € HT/km (-3 % sur un an), tandis que celui des VUL thermiques progresse à 0,319 € HT/km (+12,3 % par rapport à 2025). Autrement dit, l’électrique ne constitue plus seulement une réponse environnementale ou réglementaire : sur une majorité de configurations étudiées, il est désormais une option économiquement compétitive.

Plusieurs facteurs expliquent ce basculement : la revalorisation des Certificats d’économies d’énergie (CEE) pour les VUL entrée en vigueur en juin 2026, la baisse de certains prix catalogue couplée à des remises accordées par les constructeurs souvent plus importantes, la hausse du coût des énergies fossiles et un cadre réglementaire qui accélère les décisions. Les résultats restent toutefois dépendants du modèle, de la durée de détention, du kilométrage et des conditions d’exploitation. Le TCO doit donc être calculé véhicule par véhicule et usage par usage.

Le Baromètre des Flottes et de la Mobilité 2026 confirme que la dynamique est appelée à se poursuivre : 26 % des entreprises françaises disposant de VUL utilisent déjà des modèles 100 % électriques ou envisagent de le faire dans les trois prochaines années, un chiffre au-dessus de la moyenne européenne et qui grimpe même à 37 % pour les grandes entreprises. Elles estiment par ailleurs que 15 % de leur parc de VUL pourrait être électrique à cet horizon.

Le temps du déploiement pragmatique

En 2026, la question n’est plus de savoir si le VUL électrique a sa place dans l’entreprise. Elle est de déterminer où il crée le plus de valeur et dans quelles conditions il peut être déployé sans compromettre la productivité. L’autonomie progresse, les gammes s’étoffent, le TCO devient plus favorable et le cadre réglementaire se resserre. Le principal facteur de réussite reste pourtant la méthode : partir des usages réels, dimensionner le véhicule et la recharge au juste besoin, tester les scénarios puis déployer progressivement.

5 questions à se poser avant de déployer des VUL électriques

  1. Quels véhicules présentent un profil de roulage prévisible et compatible avec la recharge ?
  2. Quelle autonomie utile faut-il réellement, en tenant compte de la charge, des parcours et des conditions d’exploitation ?
  3. Où la recharge sera-t-elle effectuée : dépôt, domicile ou réseau public ?
  4. Quel est le TCO complet, aides, énergie, maintenance et fiscalité comprises ?
  5. Quels ajustements d’organisation et quel accompagnement des conducteurs sont nécessaires ?
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